mercredi, mars 28, 2007

50 ans et en panne

50e anniversaire. Voici le temps des invocations à la déesse Europe. Tous les hommes politiques de gauche ou de droite nous en parle comme de notre « Manifest Destiny ».

Mais les commentaires entendus ici et là ne relèvent guère d'une analyse objective du passé et d'une vision lucide pour l'avenir. Les uns voient les démons de la mondialisation et les autres poursuivent leurs mythes supranationaux. Dans toute cette cacophonie le citoyen est dans l'incapacité d'entendre une voix directrice simple et cohérente.

L'Europe s'est créée en 1957 dans des conditions structurelles qui aujourd'hui sont totalement différentes. À la fois sur le plan géopolitique et sur le plan économique. Il conviendrait d'en prendre conscience et d'en tirer des conclusions. Mais cela semble beaucoup demander aux uns et aux autres.

L'Europe a trouvé sa motivation initiale dans un ardent désir de paix, puis le facteur le plus immédiatement contraignant a été la peur face à la nucléarisation de l'ours soviétique. On est ensuite passé à l'acte concret grâce à l'appui américain et au parapluie qu'il comprenait. La disparition de la menace soviétique annule ce principal élément de cohésion géopolitique. Le grand pays de l'Est n'est plus un repoussoir. Il est même devenu pour certains, attirants. Quelques pays de l'Union ont besoin de lui pour leur énergie, certains trouvent leur avantage à jouer la Russie contre l'Amérique, suivez mon regard. Pour d'autres pays, la Russie restera toujours un ennemi irréductible. Et beaucoup des membres de l'Union Européenne ne font confiance qu'aux États-Unis pour leur sécurité. Poursuivre la rhétorique sur les chimères supranationales n'a donc qu'un seul avantage l'autoglorification des "politicos", à moins que ce ne soit pour "entretenir la galerie" ou tout simplement la promotion systématique de l'Etatisme. Ceci pour l'aspect géopolitique.

Sur le plan économique le marché commun s'est appliqué initialement au charbon et à l'acier puis à l'industrie et enfin à l'agriculture. Ces activités constituaient la partie majeure, les deux tiers à trois quarts, du PIB des nations fondatrices, le reste étant dû aux services. Aujourd'hui le rapport dans le PIB est inverse. La place de l'ensemble des services dans l'économie des grands pays européens s'élève à 75 % voire 85 %, l'industrie et l'agriculture s'en trouvent réduits proportionnellement d'autant. C'est dire qu'aujourd'hui le Marché Unique n'intéresse finalement qu'une part mineure de l'activité économique européenne.

Et cependant cette Europe-là nous a valu un extraordinaire succès au cours de ces 50 dernières années en matière de progrès économique et d'élévation du niveau de vie, pour l'avancement de la démocratie tout autour de nous, et pour la consolidation de la paix. Et ceci malgré les insupportables dérives bureaucratiques (qui sont autant d'atteintes d'ailleurs à une véritable libéralisation).

Ce "miracle" européen est dû tout simplement à l'application du principe du libre-échange établi dans le Traité de Rome. Peu d'hommes politiques dans nos nations sont véritablement prêts à le reconnaitre et mettre ce facteur en évidence, considérant probablement que c'est leur action technocratique à Bruxelles qui en est la cause. Pourtant ce principe apparaît, à l'expérience d'un demi-siècle de croissance, comme le vrai succès de l'Europe et sa vraie vocation.

Si la libéralisation de l'industrie et de l'agriculture a tant fait pour le bien du citoyen européen, la conclusion est alors évidente. Son élargissement s'impose à ce qui constitue aujourd'hui la part majeure (et croissante) de nos activités, celles des services. Voilà la nouvelle ambition pour l'Europe. C'est également la plus prometteuse pour une intégration meilleure et plus approfondie, car elle favorise, plus encore que les activités traditionnelles, le brassage et les contacts, facteurs de paix et de cohésion.


Mais nous sommes à l 'heure de la frilosité et du repli sur soi, voire du nationalisme c'est dire que cette vision n'est guère d'actualité.


vendredi, février 23, 2007

Une mère aimante au pouvoir !

Madame Royale, je ne suis ni beau, ni riche, ni jeune et cela me plonge dans un état de frustration avancé. C'est vraiment insupportable.
« Vous avez raison » répond Mme Royale c'est une situation inadmissible, à laquelle je ferai face quand je serai présidente, vous pouvez compter sur moi.
Comment allez-vous faire ? demande une voix timide au fond de la salle.
Nous réunirons les professions concernées et dans le cadre d'un grand débat participatif des solutions seront apportées à ces problèmes, vous pouvez me faire confiance !

Avec son éternel sourire, qui ne manque pas de se crisper de temps à autre quand quelqu'un la contrarie, c'est ainsi que notre candidate socialiste va faire notre bonheur à tous quels qu'ils soient, les bons et les méchants, les travailleurs et les paresseux, les bien-portants et les scrofuleux, etc. Elle fera régner sur la France « un ordre juste » grâce à son autorité maternelle. Elle a bien dit qu'elle en ressentait l'impérieuse nécessité et la capacité au plus profond de sa chair. À noter en passant que tout en étant maternelle, l'autorité ne manquera pas, ainsi que son désir de discipline. Attention à ceux qui se rebelleront !

Ceux qui souhaiteraient savoir les moyens et méthodes pour parvenir à des objectifs aussi nobles et souhaitables n'ont qu'une seule ressource : faire confiance à Mme Royale à son style ou son intuition, mais guère à sa compétence, car elle a démontré à de multiples reprises son ignorance abyssale en matière économique et sa méconnaissance dangereuse des questions géopolitiques.

Comme Mitterrand, son gourou politique dont elle partage le cynisme, elle considère la compétence inutile pour gérer les affaires de la France, car l'objectif est de collecter les voix et d'agir comme il plaît aux électeurs. Nous avons en fait, selon l'expression d'Alain Duhamel, « une candidate miroir ». On pourrait dire aussi que son ambition se limite à être une « échocrate », c'est-à-dire renvoyer l'écho de l'opinion publique.

Qu'à cela ne tienne, disent les optimistes ou ceux des socialistes qui veulent y croire. « Elle aime, pourquoi faudrait-il en plus qu'elle pense ? » * Elle s'entourera des compétences suffisantes et il n'en manque pas.

Malheureusement une observation attentive ainsi que des histoires de coulisses nous enseignent qu'elle ne veut ou ne sait pas faire appel aux experts qui se sont d'ailleurs souvent offerts à l'aider (voir notamment la lettre ouverte d'Eric Besson). Gérée par ses émotions et ses intuitions, elle joue perso ! Pourrait-on dire en langage sportif. Etre un temps la « madone des sondages » lui est monté à la tête. Les sondages maintenant changent quelque peu, est-ce qu'elle changera elle-même ? On peut malheureusement en douter.

Porter une femme à la plus haute magistrature aurait pu être une belle victoire contre le machisme ambiant. Encore faudrait-il qu'elle ne joue pas dans le registre maternant et qu'elle arrive à nous convaincre « par la force de ses propositions et l'évidence de son talent »*. On en est loin !


*citations de Marcela Iacub.

dimanche, février 11, 2007

Démagogie participative.

La démocratie participative, tout le monde en parle. C'est la plate-forme de combat de la Candidate. Cette idée est considérée comme une grande avancée politique. Et les foules qui ont besoin d’illusion s’emballent.

Je dirai tout net ma pensée : il s'agit là d'une véritable escroquerie intellectuelle basée sur le populisme le plus misérable et pire peut-être, un instrument au service de la tyrannie de minorités actives.

La démocratie participative est supposée donner la parole aux citoyens et guider l'action des dirigeants. Il s'agirait semble-t-il de créer des groupes de concertation et de co-décision.

Rien n'est dit cependant en ce qui concerne les thèmes réservés à ces débats. S'il s'agit de débattre de la propreté municipale et du sort des crottes de chien, il n'y a pas trop de problème.

Mais l’ambition affichée est démesurée. Car s’il s'agit de traiter du pouvoir d’achat, du déficit de la Sécurité Sociale, de la médiocre croissance de la France, de son chômage structurel, de ses déficits budgétaires et de commerce extérieur, de l’immigration, etc., le problème change considérablement de nature.

Dire que les citoyens sont des « experts légitimes » de ce type de question c'est prendre les gens pour des idiots ou bien vouloir les leurrer pour mieux les soumettre, conduire et diriger.

Il est impossible que le citoyen participant, même honnête ait une vue objective de l'intérêt collectif sur ce type de débat puisqu'il est à la fois l'usager de services publics, contribuable, professionnel éventuellement affecté, etc. Il est évident qu’il ne peut avoir une vue impartiale, objective et constructive à l'échelle collective, sachant qu'il est bien connu que chacun d'entre nous voit midi à sa porte et que les intérêts corporatistes dominent.

Viennent ensuite trois autres écueils graves :

Qu’est-ce qu’il se passe pour les citoyens qui ne participent pas. Ils n’ont pas pu. Ils se considèrent incompétents. Ils n’ont pas confiance ou font partie des « soumis sociaux ». Les voilà irrémédiablement marginalisés.

Puis il y a pour l’animateur des débats, l’impossibilité technique de pondérer à leur juste valeur et intégrer tous les avis pour une synthèse équilibrée et représentative, même avec l'aide des nouvelles technologies de l'information,

Et pour que cette synthèse soit honnête il ne faudrait prendre en compte que les interventions des citoyens consultés. Tache également impossible compte tenu du caractère informel et forcément confus de ces débats. Les parti-pris, les préjugés des animateurs vont immanquablement s’introduire dans les conclusions à dose plus ou moins subtile.

C’est là où commence le danger pour la démocratie réelle et où entrent en jeu les minorités actives, avec, en cas de systématisation, une véritable tyrannie de ces minorités. On en frémit !

Ceux qui ont lu un livre à succès, Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens, Joule et Beauvois , sauront qu’il est facile à une équipe de psychologues sociaux bien entraînés de manipuler les gens, à leur insu d’ailleurs. De telles pratiques utilisées à des fins politiques sont parfaitement envisageables (même envisagées). On peut donc redouter le pire dans le cadre de ces débats participatifs, car la dérive se produirait immanquablement en ce sens, les minorités actives et convaincues cherchant à imposer leurs vues.

Bien sûr, le concept de participation démocratique est séduisant. Depuis le début des années 90, un ensemble de législations diverses en a posé le principe dans des cas précis et limités, en cherchant à multiplier les dispositifs de concertation. Les effets pratiques, dans le sens d'un approfondissement de la démocratie, ne se sont pas réellement produits et ces nouvelles procédures n’ont guère données au citoyen le sentiment qu'il était un réel acteur de la décision. Ces expériences auraient plutôt contribuer a développer un sentiment d’impuissance et de frustration dans le public qui constate que leur avis n’est guère pris en compte.

Comme il est dit dans l’exposé de Loic Blondiaux, universitaire français, ci-joint, la réflexion sur la démocratie participative en France reste pauvre dans le domaine conceptuel, procédural et politique. Et les dilemmes associés à cette notion ne sont pas traités.

Alors on appelle à la rescousse pour promouvoir ce concept les exemples étrangers.

On évoque notamment Porto-Alegre et son budget participatif. L'avis des habitants de cette ville brésilienne étant recueilli pour l'établissement du budget municipal.

Il y a aussi la nouvelle Constitution Bolivarienne du Venezuela basée sur la démocratie participative.

Dans le premier cas. Il faut noter qu'elle est appliquée dans un cadre très limité et selon une procédure pyramidale très élaborée. Mais surtout il ne semble pas que les citoyens ait véritablement apprécié puisqu'ils ont élu en février 2005 un nouveau maire qui remet en cause ce principe.

Dans le second inutile d'en parler, tellement c’est caricatural. Hugo Chavez, son champion au Venezuela, s’est fait voter récemment les pleins pouvoirs pour gouverner par décret pendant les prochains 18 mois. C'est d'ailleurs bien les minorités actives de la révolution bolivarienne qui pilotent ces fameux débats participatifs avec la différence que dans ce cas il n’est guère besoin de psychologues sociaux, l’argent du pétrole distribué suffit amplement pour la manipulation.




jeudi, novembre 23, 2006

La nouvelle Pythie socialiste

Deux événements majeurs ont marqué la semaine dernière. Deux événements sans rapport !… et pourtant on ne peut s’empêcher de percevoir des résonances.

D’un coté Milton Friedman est mort, l’économiste le plus influent de la 2ème moitié du siècle dernier. Celui qui a déboulonné Keynes et a été l’inspirateur des révolutions économiques de Reagan et Thatcher. Ses principales lignes directrices monétaristes sont maintenant appliquées universellement et sont pour beaucoup dans la croissance économique mondiale de ces dernières décennies.

De l’autre Ségolène Royal devient la Pythie des socialistes français. Et elle considère avec eux que le redressement ce fera grâce à l’Etat et à la restauration du pouvoir d’achat.

Elle a dit : « Ce n’est pas de trop d’état que souffre la France c’est de pas assez d’état. »
Milton Friedman quant à lui : « …le gouvernement gouverne mieux quand il gouverne moins. »

Elle dit : "C’est la question globale du pouvoir d’achat qu’il faut régler, avec un signal fort sur le SMIC". Ou ailleurs : « …relancer la croissance et la confiance en augmentant le pouvoir d’achat ».
Milton Friedman (prix Nobel d’économie 1976) lui, a passé sa vie à démontrer l’aberration et les effets pervers de ce type de politique typiquement keynésienne.

Les thèses de Milton Friedman ont fait, avec le succès que l’on connaît dans de nombreux pays, la preuve de leur pertinence. Les projets de Ségolène Royal sont des combats anciens et perdus d’avance.

Mais il faut dire qu’avec la nouvelle Prêtresse, nous ne sommes pas dans le domaine du réalisme, mais dans le rêve.
Ah les belles incantations :
« Une démocratie plus directe, participative pour s’appuyer sur la capacité d’expertise des citoyens,...construction d’une société de solidarité,.. établissement d’un ordre juste,.. avec le progrès pour tous, le respect pour chacun,.. mobilisation des énergies positives qui se rassemblent et des libertés nouvelles à inventer… ». Dites-nous les mesures pour exaucer ces vœux pieux ? Surtout pas !

Ségo au pays des merveilles. Ce populisme maternant est son thème exclusif de campagne.

Ces incantations associées à un charme proche du charisme…voilà le danger !

Très grand danger même, parce que si on s’accorde à dire que le consommateur est naturellement intelligent sachant déterminer son meilleur intérêt, l’électeur est généralement stupide et se laisse facilement prendre par le chant des sirènes.

Rappelons cette citation de Mario Vargas llosa :
« Malheur aux démocraties qui ont besoin de « chefs charismatiques » pour surmonter les grandes crises. Car cela signifie qu’elles sont précaires et qu’on perçoit encore au fond de ces sociétés…, l’appétit de ce temps magique où la vie était une tranquille servitude exempte de responsabilités personnelles, sans la sujétion de la raison et de la liberté. »



dimanche, mai 21, 2006

L'arroseur arrosé

Singe poudré, puis hussard foireux, on pourrait ajouter aujourd’hui l’arroseur arrosé.

Car qu’il soit éclaboussé par le scandale Clearstream, c’est manifeste !

Dans cette affaire « Fleuve Clair », pour parler français, où rien pourtant n’est plus trouble, je n’en sais pas plus, bien sûr, que le citoyen de base, mais je me fais ma petite idée et ne résiste pas à l’envie de la raconter en attendant démentis ou confirmations éventuelles.

Le Maire du Palais, courtisan en chef, semble avoir été la victime de ses propres courtisans un peu trop zélés.

Car sauf à imaginer qu’il ait lui-même conçu, télécommandé et dirigé cette machination ce qui paraît un peu gros tout de même, il semble bien que ses proches amis ont voulu lui faire plaisir. Ils lui ont apporté ce ragot sur un plateau d’argent et il l’a gobé sans rien y renifler, tellement elle allait dans le sens de ses rêves les plus fous.

Puis il l’a laissé prospérer en y croyant à moitié mais sûr que : « Diffamez,diffamez, il en restera toujours quelquechose ».

Dans le temps on ne disait pas listing mais bordereau et aujourd’hui on parle de Gergorin, Lahoud au lieu de Esterhazy, de Colonel Henry… Dans ces 2 affaires bien différentes il y a les mêmes remugles et la même déliquescence des Institutions concernées.

Mais le plus désolant est finalement le désintérêt relatif des français dans leur ensemble ainsi que leur propension en règle générale à rejeter tout le système politique en bloc sans faire les distinctions morales qui s’imposent.

Il y a d’autres pays proches de nous où le moindre abus de pouvoir des responsables politiques déchaîne l’opinion publique, où les députés menteurs sont mis en prison, en bref où la moralité publique compte pour l’essentiel.

Ceci en dit long sur le grave déficit démocratique dont souffre notre pays et le dysfonctionnement de la 5ème République.

« Quand une société en est là, elle tombe en décomposition » Anatole France, dans « J’accuse »

mardi, avril 11, 2006

Le « capitan matamore »* (après le retrait du CPE)

A la hussarde, il voulait faire passer sa mesurette. Aujourd’hui le hussard mord la poussière.

Il était trop pressé, comme Balladur en 1993 avec le CIP, le fameux Smic-jeunes. Même combat, même reculade. Despote, aristocrate et faible, comme Balladur, car comme lui, épris de lui-même et fascinés par les prochaines élections présidentielles.

Il croyait que sa fermeté lui ouvrirait la voie royale. Un pari risqué! C’est l’homme des paris d’ailleurs, puisqu’on lui doit l’idée de la dissolution de l’Assemblée en 1995. Le problème, c’est qu’il les perd !

Dans cette triste aventure, on ne voit à l’œuvre que les ambitions personnelles des "politicos", l’inconsistance d’un « Roi Fainéant », des intérêts catégoriels bornés, l’égoïsme à tous les étages, voire un déni collectif de la réalité qui confine à la stupidité.


On voit des étudiants manipulés par des syndicats marxistes et obscurantistes, des jeunes qui seraient plus avisés de se révolter contre des causes plus sérieuses comme par exemple, les passifs extravagants que le Pouvoir met à leur charge pour leurs prochaines années, des fonctionnaires à l’emploi garanti qui descendent dans la rue pour lutter contre la précarité…de l’emploi.

Et beaucoup de se désespérer. Les français sont incapables de se réformer, entend-on partout. De l’étranger nous vient commisération et pitié. C’est dans notre patrimoine génétique que ce situerait le mal, à moins que le coupable ne soit notre héritage socioculturel .

J’y vois surtout une carence extraordinaire de la démocratie à la française et des institutions aberrantes de la 5ème république .

Un exécutif bicéphale irresponsable dont l’unique objectif est le pouvoir, ce qui aboutit à une paralysie dépensière. (On ne réforme pas, « pas de vagues », mais on distribue). A certaines époques les deux têtes s’entre-dévorent , dans un navrant spectacle. L’immobilisme est alors total, mais les dépenses continuent, pour donner l’illusion de l’action.

Un Parlement de connivence qui de toute façon est impuissant devant l’exécutif puisque l’une de ces têtes est hors de sa portée et que l’autre est sa créature ou son rejeton. Il n’est donc pas destiné à sanctionner. Il n’en a pas envie d’ailleurs, vu qu’il est juge et partie. Il est composé en majorité de fonctionnaires ou autres catégories socioprofessionnelles dépendant de l’état (51.3% au moins) (L’origine sociologique des parlementaires)

Ce Pays est soumis à une technostructure vouée au culte du pouvoir et des syndicats très minoritaires mais incrustés (entrenched) dans le corps social à des positions clés et voués à leurs intérêts corporatistes.

Une espèce de complicité objective s’établit entre eux pour former une oligarchie prédatrice aux dépens des autres citoyens.

De plus cette technostructure fonctionne comme une caste. Elle est toute pétrie de culture étatique et a un souverain mépris pour le citoyen de base qu’elle considère incapable de veiller à ses propres intérêts.

A celui-ci on donne de temps à autre des choix électoraux pour la forme, mais les options sont limitées aux candidats qui font tous partie de la même caste !

A coté d’un monde de privilégiés qui sait et qui dirige, il y en a un autre, la France d’en bas !! Laquelle est incapable, et avec juste raison, de s’identifier au personnel politique. C’est l’antithèse de la démocratie.

Dans aucun autre des grands pays de l’OCDE, il n’existe une telle dichotomie sociale.

De là surgissent tous les mouvements de rejets de ces dernières années, comme les élections d’avril 2002, la montée des partis extrémistes, le mal de vivre, la nécessité de se faire entendre dans la rue et finalement le déclin programmé. On a vraiment le sentiment aujourd'hui que les jeunes manifestent plus contre ce système que contre le CPE. Un peu comme ces adolescents qui ont des problèmes de communications avec leurs parents et qui font des crises.

Une véritable démocratie représentative, c’est une diffusion des données dans le corps social, une fluidité des rapports sociaux, une meilleure appréhension des problèmes par chacun des citoyens, des sanctions immédiates en cas d’échec ce qui permet un pilotage plus ajusté. Elle permet un appel collectif à l’intelligence du citoyen et à son bon sens. En bref le citoyen participe et se sent concerné et ça change tout !

Il est donc vrai qu’aujourd’hui en France aucune réforme n’est possible en effet, sans la première d’entre elle, la constitutionnelle. (à suivre)




* expression utilisée par Franz-Olivier Giesbert pour qualifier Villepin (dans son livre « La Tragédie du Président »)

mardi, mars 21, 2006

Le poids de l'État en France

Quelques chiffres significatifs

Les effectifs de la fonction publique en France font l'objet d'analyses officielles quelque peu discutables mais aussi de polémiques également critiquables. Essayons d'y voir clair entre ces 2 positions.

La fonction publique se compose de 3 parties selon la DGAFP. Et ses effectifs au 31 décembre 2003 seraient pour la fonction publique d'état, : 2 623 651 (dont l'Éducation nationale 1 250 000), la fonction publique hospitalière : 966 340, la fonction publique territoriale, 1 567 575, soit un total en 2003 de 5 157 566.

Auxquels il faut honnêtement ajouter, d'autres agents non statutaires, agents contractuels et emplois aidés (CES, CEV. CEC) directement à la charge de l'État, pour environ 350 000. Il n'est pas correct de suivre certains analystes qui veulent compter également les monopoles d'État (Postes, Banque de France..etc) ce qui n'est pas justifié vu que ces organismes rendent un service rémunéré directement, même si c'est dans des conditions de faible productivité.

Nous arrivons à un grand total de 5 500 000.

Sur un budget annuel général en 2005 (source, page 38), de 288.5 Mrds d'euros, les recettes totales nettes du Budget général sont de 242.7 Mrds d'euros

Les dépenses de personnel de la fonction publique s'élèvent à 110 Mrds d'euros, mais en y incorporant les dépenses dites induites à 120 Mrds d'euros.

Là encore beaucoup auront tendance à présenter les chiffres en fonction de leurs préjugés. Certains en faveur de l'état, feront la comparaison (plus favorable) par rapport au budget total de la nation qui est de 750 Mrds d'euros et qui comprend les dépenses sociales (celles des Administrations de Sécurité Sociale), mais ceci n'est pas correct. En revanche il est plus conforme à la réalité et à la logique de comparer ces dépenses aux recettes fiscales nettes du budget général 242.7 Mrds. Car si vous empruntez pour votre logement la banque appréciera vos capacités de remboursement par rapport à vos ressources nettes. Dans ce cas le poids de la fonction publique sur le Budget net de l'État s'établit alors à quasiment 50%.
Si on sait par ailleurs que la charge des intérêts de la dette publique équivaut à 16 % du dit budget et que le déficit des Administrations sociales n'est pas loin de 5 % du même budget, on voit que la marge de manœuvre restante pour les équipements des Universités, de la Police, des Armées, ainsi que la protection des monuments historiques et le reste...est très congrue.

Si ces effectifs sont rapportés à la population active totale (ou plutôt en âge de travailler) qui est de 27 351 000, ils atteignent 20 %. Rapportés a la population effectivement au travail (déduction faite des chômeurs officiels, des autres catégories de chômeurs non comptabilisés et des Rmistes, soit environ un total de 4 500 00 personnes) nous atteignons prés de 25%, c'est-à-dire que la France compte un fonctionnaire pour 4 actifs.

A titre de comparaison, aux États-Unis les effectifs de la fonction publique (fédérale et territoriale) ne dépassent pas 20 millions soit 13,5 % de la population en âge de travailler (148 644 000) ou 14% des actifs (taux de chômage 4,9%), soit 1 fonctionnaire pour 7 actifs.

Sous d'autres angles le poids de l'État en France parait tout autant excessif :

La pression fiscale exercée sur les richesses produites par la France (PIB) s'établit à 44% du PIB, si on ne tient compte que des prélèvements obligatoires, mais atteint 53,8% sur la base des dépenses réelles de l'Administration publiques (source, page 22). Aux États-Unis ce même rapport est respectivement de 26 % et 36 %. (source OCDE).

Si le nombre de fonctionnaires et assimilés en France atteint 5 500 000, comme vu ci-dessus et des non actifs (chômeurs et autres) est de 4 500 000, cela fait 10 000 000 de non-productifs, soit une personne sur trois dépend de l'activité des 2 autres pour produire les richesses dont elle a besoin.

Enfin politiquement si vous tenez compte de toutes les autres professions qui dépendent de l'État, les grands monopoles d'état (EDF-GDF, SNCF, Banque de France, Poste etc.) ainsi que toutes les professions de santé couvertes par la Sécurité sociale. Il ne reste plus qu'une minorité pour souhaiter que cela change !



P.S. pour mémoire :
La population totale France : 60 200 000, États-Unis : 293 655 000 (soit 4,88 fois plus).
PIB (produit intérieur brut) France : 1 600 Mrds d'euros soit environ 1 920 Mrds de USD, États-Unis : 11 679 Mlrds (soit 5.7 fois plus)
Population active totale France : 27 351 000, États-Unis : 148 644 000 (soit 5.4 fois plus)
Taux de chômage France : 9.6 %, États-Unis : 4.9%.



mercredi, février 15, 2006

Les dessins de la colère

Mahomet, Mahomet ! que de crimes on commet en ton nom !

Manipulation, désinformation, incitations au meurtre et à la violence de la part de mouvements qui se réclament de Mahomet avec une interprétation biaisée de l'Islam.

Le tout sur fond d’hypocrisie de nos médias et de lâcheté de la part de nos Politicos aveugles et trouillards.

Se réclamer de la liberté d’expression dans ce contexte, c’est de l’hypocrisie, quand les médias occidentaux s’autocensurent tous les jours pour rester « politiquement correct » et pour plaire à leurs lecteurs et auditeurs (voire à leurs annonceurs) également occidentaux. Cela ne leur est pas venu à l’idée de le faire pour des images considérées comme outrageantes par certains autres lecteurs, minoritaires il est vrai.

Et c’est être à coté de la plaque de la part de nos Politicos quand ils invoquent également cette liberté, tout en faisant les plus plates concessions au soi-disant respect des sensibilités religieuses, sans oser affronter réellement le fond du problème…

Car il s’agit d’une vaste intoxication et manipulation des foules islamiques organisées par ce nouvel avatar du Totalitarisme, « ce neo-Islam », selon l’expression d’ Amir Taheri, qui empoisonne notre 21ème siècle débutant.

Cette machination télécommandée est longuement analysée dans la «Note d’Analyse» de l’ESISC du 9 février, (avec des info sur l’introduction dans le dossier par les mêmes manipulateurs, de dessins inédits en Occident et particulièrement obscènes, ajoutés récemment pour chauffer un peu plus les esprits, ainsi que des indications sur ceux à qui profitent le crime).

Qu’il soit Salafiste ou Wahabiste ou encore Khomeiniste, cet islam politisé radical est une forme sournoise de totalitarisme qui sous couvert de son interprétation fasciste de l’enseignement de Mahomet, dans le sens le plus contraire aux libertés individuelles et à la tolérance, vise à dominer les masses musulmanes en les endoctrinant et les asservissant ,et en même temps à exercer son ascendant politique sur l’Occident.

A political movement masquerading as religion”, nous explique Amir Taheri. (voir ses récents articles sur le sujet, notamment « Bonfire of the Pieties », Wall Street Journal 08/02/06, et « Hijacking Islam », New York Post, 18/02/06)

Ces radicaux extrémistes ont tenté de faire peur aux Etats-Unis sans trop de succès.
Aujourd’hui ils cherchent à intimider l’Europe (avec ses 15 millions de musulmans) et ils y réussissent au delà de toute espérance. Et tous nos Politicos européens se laissent rouler dans la farine. Bientôt nous aurons une loi contre l'islamophobie ou le blasphème, et toute décision dans notre pays devra être jugée à l’aune de sa conformité avec les diktats des Frères Musulmans et consorts !

C’est ainsi que notre chef d’état, toujours politiquement très courageux, « a critiqué le caractère blessant des caricatures mais n'a pas condamné l'attaque de l'ambassade de France à Téhéran… ». « L’Europe intimidée », dans le Monde du 13/02/06

Cette affaire en dit long sur la politisation des foules islamistes. Embrigadées, encadrées, depuis les mosquées et les madrazas où l’on n’enseigne guère la religion sinon la haine de l’infidèle. Le tout financé par le pétrole.

Que ces foules se laissent manipuler aussi facilement en dit long également, sur leur frustration, leur sens de l’échec collectif face à l’Occident et leur ressentiment. Les pratiques obscurantistes de cette religion en sont pour quelque chose, ainsi que l’incapacité de leurs maîtres à penser, soumis au terrorisme de cette pensée totalitaire, de remettre collectivement en question certains de ses aspects. Les quelques musulmans qui y songent vivent sous la menace, par exemple Ayaan Hirsi Ali, député aux Pays-Bas sous constante protection policière. Lire absolument son « discours de combat » dans le Monde d’aujourd’hui. C'est pour ces quelques musulmans dissidents qu’il faut réclamer la liberté d’expression.

En tout cas les caricatures à déplorer sont surtout celles de cet Islam dégénéré et totalitaire que ces fanatiques nous donnent à voir !





mercredi, janvier 18, 2006

Quaero (suite)

Deux observations additionnelles :

1 - J’ai été un peu léger dans mes estimations pour le budget de Quaero, telles que je les mentionne dans mon billet précèdent.

Déjà, (dans un article du IHT du 18 janvier), les promoteurs de ce projet remontent la barre et évoquent, 1.2 à 2.4 Milliards d’euros sur 5 ans. C’est encore 5 fois moins que Google, mais ce n’est probablement pas fini. Les ambitions étatiques doivent être satisfaites et les partenaires privés sont prompts à les stimuler et à en tirer profit.

Selon un article du Financial Times : “There will certainly be interesting technologies developed out of the Quaero project. But the best to be expected is that as soon that will happen, the companies involved will scoop them up and include them in their products.”


2 - On me fait observer que la solution pour satisfaire ces ambitions est tout simplement d’acheter Google. On remplace les couleurs de son logo bleu, rouge, jaune et vert par bleu-blanc-rouge. On désigne Jean-Louis Beffa à la place de Larry Page et le tour est joué. Le Pouvoir américain ignore la pratique du « patriotisme économique ». Ils ne nous mettrons pas de bâtons dans les roues.
Problème : la capitalisation boursière de Google environ 140 Milliards de dollars équivaut à peu près au budget annuel de l’Europe (budget pas encore approuvé d’ailleurs). Il faut renoncer à la PAC et à tout le reste.




lundi, janvier 16, 2006

Quaero.

Le moteur de recherche européen, imaginé par qui vous savez, pour se rendre indépendant de « l’hégémonie américaine » en la matière. (Comprenez Google surtout et Yahoo.)

Quaero ou le matamorisme* chiraquien…

Et bien entendu, quand l’Etat veut du grandiose… Celui-ci est applaudi, accompagné, excité dans ses ambitions par la cohorte de ses courtisans et autres techno-gurus qui cherchent à se faire plaisir sous couvert d’œuvrer pour le prestige et la grandeur de la France, (voulant ignorer superbement ce qu’il en coûte au contribuable), ainsi que par les entreprises publiques ou privées, gravitant dans le cercle du Pouvoir, qui sont toujours là pour profiter des largesses publiques. Ce ne sont pas eux qui vont se poser des questions.

Vous ne trouverez donc guère dans les sphères officielles les réalistes lucides qui pourraient avoir une opinion plus raisonnable sur le sujet…Quant aux médias, de connivence comme toujours, tout ce qui flatte le bon public et l’ego du citoyen peu regardant, est un sujet qui fait vendre.

Et pourtant… souvenez-vous du Plan Calcul, même suffisance étatique, même arrogance, même présomption, même combat. C’était en 1966 déjà , il s’agissait alors comme aujourd’hui de lutter contre la suprématie informatique américaine. Ce Plan Calcul avait donné naissance à la Compagnie International d’Informatique (CII) puis Unidata….le tout a sombré dans le plus grand ridicule pour aboutir à cette « gloire nationale » appelée Bull. Détournez vos yeux du gouffre financier que cela a produit (initialement et encore récemment avec les renflouements successifs de cette dernière entreprise), vous pourriez en avoir un vertige fatal !

Vient maintenant le projet Quaero, une usine à gaz avec plus de 17 participants. Le nom lui-même, quaero.com, n’est pas libre. Il est déjà utilisé par une Cie américaine. Ca commence bien !

Quels objectifs ? Google effectue les recherches, en français (google.fr) ou en japonais, en russe, en chinois, etc. et classe les résultats en fonction de la pertinence par rapport au mot clé. Où est la suprématie américaine ?…Google préfigure un monde qui se forme devant nous où la connaissance n’a plus de nationalité et l’accession au savoir est mondiale, et les principaux acteurs sont des entreprises universelles (« global companies »). Que veut apporter de plus Quaero?... Classer les résultats des recherches en fonction de critères culturels français tels qu’ils sont déterminés par les esprits forts de l’état. Succès international assuré ! En tout cas sans moi ! Merci !

Quel modèle économique ? La part de Google du marché des moteurs de recherche ne fait que s’accroître chaque jour et atteint 40% mondial. Son modèle économique est une telle réussite qu’il garantit la gratuité, l’universalité et la pérennité. Yhaoo et Microsoft rament de leur coté pour contrer le déferlement google. Comment Quaero veut-il gagner de l’argent ? Aucune indication ! Sauf que la « culture francaise n’est pas une marchandise » et que « l’état culturel » bien sûr se charge de la diffuser aux frais des citoyens pour leur édification. On est en plein soviétisme !

Quel budget ? un budget de 100 M euros sur 5 ans pour Quaero dit-on, soit 20 M d’euros par an. Ridicule, quand on sait que R&D chez Google atteint fin 2005, le rythme de 1 milliard de USD an, soit près de 45 fois plus et va croissant chaque trimestre.

Quels ingénieurs ? Il y a quelques informaticiens européens déjà mobilisés pour Quaero et ils sont très brillants sans nul doute ! Mais qu’est-ce contre les 5000 ingénieurs de Google et sa politique de recrutement, en Californie, en Inde, en Chine et en Suisse à des niveaux de qualifications extrêmes et au rythme d’environ 10 par mois voire plus ? Et d’ailleurs Google ne manquera pas de débaucher ceux de Quaero le moment venu après leur perfectionnement au frais du contribuable européen.

C’est trop tard MM. les technocrates, il fallait avoir l’idée avant. Votre dirigisme désordonné est toujours décalé par rapport aux réalités soit trop tôt (voir le Minitel) soit trop tard.

Et pourtant les français sont des organismes multicellulaires aussi sophistiqués que ceux d’outre atlantiques et la surface de leur cortex n’a rien à leur envier. Le hic, c’est que le bouillon cytoplasmique dans lequel ils se développent est de nature trop étatique.



*Procédé de défense utilisé généralement par des insectes qui, attaqués, se dressent, se gonflent, étalent tous leurs appendices, augmentent de volume pour effrayer leur ennemi…Larousse encyclopédique






jeudi, décembre 15, 2005

Autocritique et Propagandastaffel

Autocritique.

La France est à l’heure de l’autocritique collective, à la manière soviétique.

Repentance, repentance ! Nous avons beaucoup péché : colonialistes, esclavagistes, impérialistes, que sais-je encore ...?

Ah oui ! A la St Barthélemy ( en 1500 et quelques) on a massacré les protestants que l’on a expulsés sans préavis cent ans plus tard via Sangatte (ou autres lieux similaires)…

A l’occasion des bicentenaires napoléoniens, notre glorieux empereur a eu droit aussi à son lot d'infamies.

Attention la liste est longue. Je vais en avoir pour plusieurs dizaines de pages si je m’y mets.

Et puis, il serait temps depuis 2000 ans que les Romains viennent se repentir aussi de nous avoir colonisé. Allons Berlusconi prends tes responsabilités, rends nous justice et viens à Alésia faire ton acte de contrition !

Prétendre juger le passé historique au tribunal de notre moralité d’aujourd’hui est du plus grand ridicule.


Si certains cherchent à expliquer la marginalisation économique ou sociale à cause de ces « péchés » antérieurs, c’est parce qu’ils n’ont rien compris, rien appris et rien vu de ce qui se passe dans le monde ! Que les victimes elles, cherchent à rejeter la faute sur les autres ou les circonstances, c’est classique, mais pas plus honorable et justifiable que l’antisémitisme, l’antiaméricanisme, etc….

Propagandastaffel

Quant à nos députés, ils cherchent à manipuler l’histoire à la mode nazi.

Que de belles âmes se soient indignées parce que des parlementaires de droite de notre belle Assemblée (auquel d’ailleurs était associé notre Ministre des affaires étrangères) ont décidé qu’il fallait trouver du mérite à notre période coloniale, c’était couru d'avance.

Une telle démarche de la part de ces parlementaires était aussi stupide que nulle, mais la réaction qu’elle a suscitée, basée sur l'autocritique et la culpabilisation, ne l’en est pas moins.

Ce qui est lamentable surtout dans cette histoire, c’est l’attitude de notre caste étatique toujours prête à façonner les cerveaux pour d’obscurs raisons d’état.

Cette manière de faire de nos "Etatcrates" n’est cependant pas nouvelle …C’est même une tradition bien française !

Associés au Mamouth (l’EN), il y a bien longtemps qu’ils fabriquent l’Histoire.

Dans le temps il fallait de bons patriotes, de la chair à canon pour toutes nos guerres… et puis après, pour notre Enseignement (sous l’influence de Gramsci qui cherchait à faire avancer l’idéologie communiste à travers l’école), il fallait que les nouvelles générations constituent de bons marxistes respectueux du service public.

Il est, selon ces esprits forts, indispensable d’éviter que les enfants soient soumis au hasard d’influences pernicieuses (y compris celles de leurs parents) pour l’intérêt national. Leur constructivisme social commence par le lavage des cerveaux !

Il serait temps que la Vérité Historique soit enfin enseignée à l’école. Même si elle n’est pas bonne à dire, nos enfants sauront en tirer un meilleur profit que des boniments cuisinés par nos "sociocrates".

Cette vérité historique est, il est vrai, difficile à saisir. Que ce problème soit donc confié à un collège d’historiens scientifiques auquel seraient invités des experts étrangers.

Il en sortirait une vision aussi objective que possible qui ne serait pas sans nous surprendre, nous qui avons été élevés à l’école de la république.

On y verrait se dégonfler le mythe de Vercingétorix, Le dossier Vercingétorix. Toutes les mystifications de Bonaparte seraient enfin dévoilées, Les grandes impostures de l'histoire de France : Tome 1, de Vercingétorix à Napoléon. On aurait une vue éclairée de la déchéance morale liée au régime de Vichy, La France de Vichy, 1940-1944. Y serait révélée l’inféodation à Moscou du parti communiste français en pleine guerre froide. On y découvrirait qu’il n’y a pas longtemps encore à l’Elysée régnait « une véritable association de malfaiteurs »*…etc. etc...

Soviétisme et nazisme, nos inspirations sont glorieuses !


*Citation d’un auteur célèbre membre de l’Académie française.





jeudi, novembre 10, 2005

"Mais, c'est une révolte ?"

"Non Sire, c'est une révolution !".
Cette réponse célèbre de Liancourt à Louis XVI, au soir du 14 juillet 1789 nous revient à l'esprit à l'occasion des violences urbaines.

De grandes similitudes en effet, car INÉGALITÉS et PRIVILÈGES sont les maîtres mots, aujourd’hui comme en 1789. C’est le fameux « modèle social français », dont on vante si fort les mérites, qui est mis en cause aujourd’hui.

Les beaux esprits, et en particulier le premier d’entre eux, y voient une faillite de notre politique de l’intégration. Quelle belle clairvoyance ! C’est comme si votre maison prend feu et que vous en déduisez avec génie que vous avez un problème d’incendie.

Plus géniaux encore, dans les ors des Palais Nationaux, ces mêmes beaux esprits claironnent leur appel solennel à la Responsabilité Républicaine et à l'unité de la Nation, comme si « les sans-culottes 2005 » allaient s’en émouvoir.

Et bien entendu les mêmes ne trouvent rien d’autre, comme d’habitude, pour régler le problème que de distribuer de l’argent, (« Tax-generating statist measures », c'est leur réflexe congénital !) : La Haute autorité de lutte contre les discriminations, le plan Borloo de rénovation urbaine, la création de préfets délégués à l'égalité des chances, la grande Agence de la cohésion sociale et de l'égalité des chances…et une quantité d’autres zakouski… Quel bel effort d’imagination et de lucidité !

« Mais donnez leur des brioches !» disaient Marie-Antoinette, aussi lucide et réaliste qu’eux !

Cette pseudo-générosité dans un tel contexte d’inégalités n’engendre que la haine, le mépris et la dépendance insupportable…et aggrave le problème.

Ce sont les inégalités et privilèges que les forces politiques (Etat socialiste et droitiste ainsi que syndicats), notamment depuis la fin des 30 glorieuses -depuis Giscard disons-le bien clairement-, ont laissé se développer, qu’il faut blâmer et combattre.

Ces forces obéissant à des intérêts étroitement corporatifs, ceux des salariés (avec leurs retraités) du secteur public et parapublics ainsi que d’une grande partie du secteur privé (les grandes entreprises notamment complices inévitables du système), ont mis progressivement en place des structures destinées à protéger ces salariés des risques et des changements, et à maintenir leurs privilèges bien souvent exorbitants. (Lire à ce sujet « France in crisis » de Timothy B. Smith, mentionné colonne de droite, notamment le chapitre « Persisting inequalities, page 127 » *)

Il en est résulté, (essentiellement pour les autres), un chômage structurel massif, une raréfaction du travail, lourdement taxé, maintenu uniformément au dessus d’un seuil tarifaire élevé et soumis à une réglementation étroite.
C’est le produit de choix politiques délibérés. Que l’on ne nous parle pas de chocs pétroliers, de mondialisation ou d'autres fatalités !

Ce faisant ces forces étouffent la croissance, mais ce n’est pas suffisamment grave, à leurs yeux et ceux de ces privilégiés, pour qu’elles trouvent le besoin et le courage de réformes.

Mais cela produit un véritable infarctus du corps social dans le sens où certaines de ses parties ne sont plus vascularisées et c’est ce que nous vivons aujourd’hui. ("[The french] increasingly infarcted economic system", Joel Kotkin). Cet infarctus frappe les parties les plus vulnérables.

Le chômage structurel massif est fatalement payé extrêmement cher par les communautés marginales, une caractéristique inévitable de la loi de l’offre et de la demande sur le marché du travail. Car quand il y a rareté (chômage) et cherté (smig + charges sociales), le niveau des exigences en matière de qualification des employeurs s’élèvent immanquablement… et ce n’est pas du racisme !

Devinez qui en souffre le plus ! (Observatoire des Discriminations Université Paris I)

Et quand à ceci s’ajoute la rigidité des lois sur le travail avec la réglementation étatique stricte des licenciements, il faut avoir un goût extrême du risque pour qu’un employeur recrute dans ces mêmes communautés marginales alors qu’il a surabondance de choix dans des populations qu’il connaît mieux.

Le résultat est un taux d’inoccupation (chômage + RMI) supérieur dans la plupart de ces banlieues a plus de 50% de la population potentiellement active.

On s’étonne que ça n’ait pas pété plus tôt !

Bien sûr il y a beaucoup d’autres choses à dire sur cette crise. En particulier les problèmes identitaires de ces communautés face à un nationalisme romantique à la française**, ("Les Valeurs Républicaines de la France une et indivisible ne laissent aucune place au Particularisme !"), avec sa laïcité fanatique et bien souvent une xénophobie vicieuse.

L’intégration des immigrants pose problème dans tous les pays mais là où il faut bosser pour gagner son pain, là ou il y a du travail dans la liberté d’entreprendre, ces problèmes sont la plupart du temps régionalement limités, gérables et s’estompent avec les générations. Chez nous ils affectent le pays tout entier, s’aggravent avec le temps et mettent en cause la structure même de la société. Il est probable que c’est cette dernière qui ait besoin d’être réformée en profondeur.

Notes tirées de "France in crisis" :
* “As unemployment rose to unprecedented levels, and as the labor force participation rate fell rapidly, the comfortably employed in France became even more comfortable, better paid, and better vacationed”.
** “The universal Republican model fails to acknowledge the reality of mixed or divided loyalties and identities

P.S. :
Autre lecture utile sur ces sujets : L'Amérique des ethnies de Thomas Sowell




vendredi, octobre 14, 2005

T•U•R•K•S

Voilà que resurgit le concept de « l’Europe chrétienne » parmi tous ceux qui s'opposent , et ils sont nombreux, à la Turquie islamiste et son adhésion à l'Europe.

Pourtant nos « Pères fondateurs », maintenant déchus, avaient renié ces origines chrétiennes et ne voulaient surtout pas y faire référence dans leur projet de constitution.

Mais qu’importe, le monde politique n’est pas à une aberration près.

Incohérents également sont ceux qui hier rejetaient, en votant non, le concept d’une Europe politique ou d’Europe-puissance et qui aujourd’hui considèrent que l’accession de la Turquie ruinerait un tel projet alors que de toute façon ils n'en veulent pas.


Absurdes de l’autre coté sont ceux, comme notre chef de l’état, qui rêvent de l’Europe-puissance et sont en même temps en faveur de l’adhésion turque.

Car en effet ces 2 concepts ne vont pas ensemble. Cette adhésion ne peut se concevoir dans le cadre d'une intégration politique forte.

L’Europe politique était déjà une chimère du temps où nous étions 12, à 25 encore plus, avec la Turquie, carrément impossible.

Avant tout, Il faut savoir ce qu’on veut faire de l’Europe : un espace borné à des frontières géographiques supposées naturelles où l’on cherche à protéger frileusement notre « modèle » et notre culture dans un cadre politique uniformisé et rigide, avec le règne de l’état et la bureaucratie de Bruxelles.

Ou au contraire, veut-on que l’Europe s'unisse dans la liberté des nations, avec une grande et généreuse Idée de coopération et de solidarité entre peuples voisins, cherchant ensembles à promouvoir et approfondir la paix, la démocratie, les droits de l’homme, le libre échange, se concertant pour affronter les problèmes mondiaux et s'efforçant d'harmoniser une vision géopolitique commune.

Dans le premier cas la Turquie n’a pas sa place, dans le second, son adhésion est hautement souhaitable !

Pour son bien à elle et pour le nôtre !

Pour la Turquie on peut déjà voir l’effet extraordinaire que ce projet d’adhésion (qui existe depuis 1963) a eu sur la transformation politique et économique de ce pays. (Wall Street Journal Europe, 5 octobre 2005). C'est l’effet de « levier vertueux » du concept de l’Union européenne. Il est indiscutable et spectaculaire (pour tous les membres , anciens, nouveaux et futurs).

Et pour nous. L’histoire démontre amplement que l'ouverture sur l'extérieur a toujours conféré dynamisme et prospérité. Le refus, voire la haine de l’étranger, est « native » chez l’homo sapiens-sapiens. Une des caractéristiques des civilisations progressistes et évoluées est de dépasser ce stade et d’accepter la diversité.

Regrettable que la France se trouve dans le camp des pays les plus réfractaires à cette ouverture. Repli sur soi signifie inmanquablement déclin. Au lieu de craindre 70 millions de concurrents, il serait préférable de se réjouir de 70 millions de clients potentiels.

Et quant à l'islamisation, on est de toute façon amener à s'accomoder avec les musulmans qui sont déjà chez nous et qui ne manqueront pas de se multiplier dans le très proche avenir. Avec l’intégration de la Turquie, la pression d'un islam moderne, sécularisé et progressiste ne pourrait être que bénéfique pour mettre nos propres musulmans dans la même ligne !


Pour me faire des amis, je citerai l’exemple des Etats-Unis. Ils ont cru bon de promouvoir avec le Mexique, le NAFTA (Accord de Libre-Echange Nord-Américain) en 1992 et récemment en 2004 avec l’Amérique centrale le CAFTA-DR (Accord de libre-échange, USA, Amérique centrale et République Dominicaine), alors que le rapport des populations concernées est de plus de 1 à 3, entre les pauvres mexicains et les riches américains, contre un rapport de 1 à 6 seulement entre les Turcs et l’Europe. Ce n’est pas de la générosité de la part des américains, c’est leur intérêt bien compris qu’ils poursuivent. Ils ont considéré qu’il était préférable de chercher à créer de la richesse dans ces pays et ainsi fixer les populations sur place que de les voir déferler à leur frontière.

Mais nous en Europe on a l’habitude de « se tirer dans le pied ». On ne fonctionne qu’à l’idéologie et au tempo du politiquement correct. L’intérêt bien compris on ne veut pas connaître.


P. S. Regrettable aussi pour l'éducation de l'opinion française que cette magnifique exposition :

"T•u•r•k•s" (a journey of a thousand years , 600-1600)
qui a fait courir les foules britanniques pendant plusieurs semaines au début de cette année ne soit pas montrée en France. Nos esprits forts de la Culture Française en ont décidé autrement !

lundi, octobre 10, 2005

Prix Nobel de la Paix ou Manifeste de Stockholm ?

Ils avaient déjà remis le Prix à Arafat . Cette fois-ci l’homme a moins de sang sur les mains mais la nomination de Mohammed El Baradei ridiculise un peu plus le Comité suédois de désignation du Prix Nobel de la Paix.

Du président de l’lAEA (International Atomic Energy Agency) on retiendra particulièrement, entre autres choses, que cet égyptien musulman a laissé se développer un véritable super marché nucléaire de contrebande de matériels et de savoir-faire, organisé par le savant pakistanais A. Q. Khan (animé d'une idéologie islamique radicale), au profit de la Libye, l’Iran, la Corée du Nord … Belle réussite pour l’homme en charge au nom des Nations Unies d’empêcher toute prolifération !

En matière de médecine, physique, chimie et mathématique, les comités du Nobel responsables jugent sur pièces et scientifiquement. Leurs décisions, même si elles ont été quelquefois critiquées, sont solidement fondées et confèrent un prestige indiscutable.

On ne peut guère être aussi convaincu en matière de Paix (voire de littérature).

Il y a de la part des "Sages Suédois" un véritable « abus de prestige », (expression utilisée par Jean-Francois Revel dans Connaissance Inutile) comme on dit abus de confiance, abus de pouvoir etc.

Ce qui les distingue, « c’est leur influence et non pas leur discernement ».

Ces Sages, sur leur piédestal, se voudraient la conscience morale de la Société. Ils se posent en donneur de leçons. Avec leurs préjugés politiques et leurs visions géopolitiques partisanes, ils abusent de leur notoriété et font preuve d’une véritable irresponsabilité intellectuelle.

Il s’agit somme toute d’un phénomène connu, un savant, une Institution se prévaut de sa supériorité dans la spécialité qu’ils maîtrisent pour s’aventurer à émettre des opinions sur d’autres sujets. Dans la plupart des cas celles-ci manquent de jugement et de clairvoyance morale ou sont carrément des aberrations… (voir JF Revel, la Connaissance inutile, chapitre, l’échec de la culture.)

Ce sont des « crevasses de la pensée » qui ne sont généralement pas dangereuses sauf qu’elles induisent en erreur des millions de gens.



mardi, octobre 04, 2005

Pétro-paradoxe.

L’essence est chère à la pompe et tous se mettent à rêver d’un futur où les énergies de substitution auront enfin remplacé l’or noir. Quelle belle satisfaction écologique serait de rouler en voiture à hydrogène qui n’échappe que de la vapeur d’eau (technologie de la pile à combustible-fuel cell technology), et quel soulagement géopolitique de se rendre indépendants de ces Pétro-States qui nous font chanter !

On s’étonne en même temps qu’à $65 le baril, compte tenu de l’appétit du monde en énergie, les progrès dans ce domaine soient lents et besogneux, alors que l’intelligence humaine fait des merveilles par ailleurs.

Bien entendu les esprits forts et les âmes savantes dénoncent la rapacité des grands groupes pétroliers qui, selon eux, bloqueraient cet avènement pour jouir de leur rente de situation : « …energy companies are paying scientists, analysts, columnists, reporters, and others to badmouth and suppress fuel cell technology… ».

Le paradoxe : c’est parce que le pétrole est trop bon marché… à produire, que le développement des énergies de substitutions n’est pas forcément facilité par des prix de marché élevés !

En effet son coût de production est dérisoire au moins pour les plus grands producteurs, notamment au Moyen-Orient (Arabie Saoudite, Iran, Irak et Libye où les gisements sont abondants faciles d’accès et peu profonds). Ce coût n’y est qu’une fraction infime du prix final.

D’où une situation trop précaire et peu favorable aux investissements gigantesques indispensables, pour que n’importe quel groupe financier puisse sérieusement s’engager dans une politique de substitution à grande échelle.

En effet en cas de faiblesse conjoncturelle de la demande, les prix s’ajustent automatiquement à la baisse sans limite basse puisque le plancher que constituerait normalement le coût de production est infime, et, pour la plupart des grands pays producteurs qui n’ont que cette seule ressource, il faut exporter ou mourir, à n'importe quel prix.

Jetez un coup d’œil sur le graphique de l’évolution des cours du pétrole de ces dernières années. Il n’y a pas si longtemps, à peine 7 ans, en octobre/novembre 1998, le prix du baril est tombé à moins de $8.

Qui peut garantir que cette conjoncture ne se reproduira pas ?
En particulier si on pense à toutes les interventions étatiques sur ce marché du pétrole, les uns taxent, les autres subventionnent (souvent à crédit pour les pays d’Asie). Les taxés peuvent connaître la récession et les subventionnés subir une crise financière (comme en 1998). Ces distorsions ajoutées à la précarité ci-dessus, contrarient le fonctionnement naturel du marché, rendent aléatoire les prévisions à long terme et donc particulièrement risqués les investissements dans les énergies de substitutions.


La Bourse ne s’y trompe d’ailleurs pas et ne favorise guère les quelques compagnies travaillant dans ce secteur comme « Ballard Power Systems » fabriquant de piles à combustible (fuel cell), compagnie canadienne pourtant suffisamment remarquable pour avoir reçu récemment à Vancouver la visite du Président chinois.